« On a pu exprimer nos attentes et impatiences » (Article, Sud Ouest)

Clap de fin hier. Globalement, les échanges et discours ont remonté le moral des militants. Même des jeunes peu enclins à l’indulgence.

 

Dicours de clotûre - Université d'été PS 2013
C’est fini. Applaudissements avec notamment Jean-François Fountaine et Anne-Laure Jaumouillié (à droite). (Photo Xavier léoty)

 

Même les jeunes, membres du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), les plus exigeants, sont partis ragaillardis de cette vingtième université d’été du Parti socialiste.

« On a pu travailler, prendre un peu de recul, estime Clément Cunin, 20 ans (La Rochelle). Nous avons pu discuter avec des ministres, évoquer notre attente et faire part de nos impatiences. Il est vrai que certaines déclarations de Manuel Valls, sur le regroupement familial par exemple, nous surprennent. Je préfère retenir le discours de Christiane Taubira sur la justice ».

Un autre membre du MJS (Paris), William : « De bonnes choses ont été faites, sur l’Éducation notamment. Reste le chômage. On parle d’inverser la courbe. C’est insuffisant. La question ne peut se régler qu’à l’échelon européen et il faudrait que notre gouvernement de gauche soit à la pointe de cette bataille. Or, Jean-Marc Ayrault n’a vraiment pas dit grand-chose à ce propos ».

Rassemblement, Union ?

« Nous sommes très mobilisés, souligne une militante, plus âgée. Les jeunes ont été satisfaits de leur rencontre avec Harlem Désir qu’ils n’appréciaient pas. Moi, je l’aime bien mais il n’est pas à sa place ».

« Chaque année, cette université c’est une piqûre de rappel : pourquoi sommes-nous là ? Que défendons-nous ?, note Dany Chevenon de La Rochelle. Pour ceux qui ont fait le tour des ateliers, une chose est claire en termes de sécurité : elle n’est pas réservée à la droite. Les ministres de l’Intérieur et de la Justice en font un élément essentiel de notre action ».

Et chez les élus et candidats aux municipales ?

Anne-Laure Jaumouillié (candidate à l’investiture à La Rochelle) a apprécié le discours d’Harlem Désir sur la méthode du parti, celui fougueux, très à gauche, du président national du MJS, Thierry Marchal-Beck, et les déclarations du Premier ministre qui a mis en avant l’action du gouvernement et fait allusion la transition écologique. « Ce n’est pas qu’un slogan », dit-elle.

Jean-Marc Ayrault a également beaucoup parlé de l’union nécessaire pour gagner les municipales. « Nous sommes deux candidats, il n’y a pas de parachutage, les militants pourront voter, je ne vois aucune raison pour qu’il y ait une dissidence », explique Anne-Laure Jaumouillié.

Jean-François Fountaine, également candidat à l’investiture : « C’était intéressant. Ce qui me gêne ce sont les discours qui traduisent un repli sur soi-même. Ce n’était pas le cas. Les enjeux internationaux ont été évoqués. On ne peut pas agir en négligeant ce qui se passe autour de nous ».

Et le rassemblement indispensable martelé par Jean-Marc Ayrault, qu’en pensez-vous ? ».

Réponse : « Ici, l’an dernier nous avons connu quelques secousses. Les plaies ne sont pas encore cicatrisées ».

Pas de discours local

Léger couac dans cette organisation très huilée. Le premier fédéral de Charente-Maritime, Mickaël vallet, n’a pas été invité à parler lors de la clôture. C’était pourtant une tradition qui n’avait souffert que d’une seule exception l’été dernier, en raison de circonstances particulières après la défaite de Ségolène Royal aux législatives. À l’époque, le premier fédéral intérimaire était un proche du député Olivier Falorni. Question de timing, paraît-il. Probablement. Mais quand les discours durent trois heures, dix minutes de plus ou de moins…

 

Marie-Claude Aristégui

(Source : Sud Ouest)